AUNG SAN SUU KYI

   "La Dame - The Lady", c’est ainsi que les Birmans nomment Aung San Suu Kyi, d’abord comme une marque de respect, mais aussi parce qu’il a été dangereux, jusqu’au 13 novembre 2010 de prononcer son nom en public et de détenir des photos d'elle sous peine d'emprisonnement. 

Ses partisans l’appellent le « papillon de fer » ou, plus affectueusement, Daw Suu (« Mère Suu »). Les journalistes la surnomment plus volontiers la « Dame de Rangoon ».

Prisonnière d’opinion pendant près de vingt ans, Aung San Suu Kyi est devenue le symbole de défense des droits humains dans son pays et dans le monde et une figure de la résistance à l’arbitraire. Elle n’a jamais renoncé à sa liberté d’expression et lutte sans relâche pour un régime avec une véritable démocratie. 

 

  Vénérée comme une mère, presque déifiée 

    Bouddhiste, non-violente comme son maître Gandhi, The Lady, souvent vêtue d'un élégant longyi, la tenue traditionnelle, est certes une icône en Birmanie, mais son prestige a traversé les frontières. Hillary Clinton a rendu visite à celle qui en 1991 avait reçu le Prix Nobel de la Paix, et l'a chaleureusement embrassée sous les flashes des photographes. Comme le Ministre des affaires étrangères français Alain Juppé, qui lui a remis en janvier la légion d'honneur, et en cadeau, une édition rare des Misérables. Car cette érudite francophile adore Victor Hugo.
La révolution de velours birmane a fait son oeuvre. Des tee-shirts et des portes-clés à son effigie circulent désormais ouvertement en Birmanie, choses impensables jusqu'à sa libération. Et celle qui électrise les foules peut sillonner la campagne, se rendre librement dans des régions déshéritées où sévissent parfois les troubles ethniques. Son peuple peut enfin la rencontrer.

 

Un héritage d'engagement 

   Aung San Suu Kyi est la fille du Général Aung San, héros de l’indépendance birmane, assassiné le 19 juillet 1947, alors qu’il se préparait à diriger le premier gouvernement de son pays. Sa fille, alors âgée de 2 ans seulement, n’avait jamais eu d’activités ni d’ambition politique jusqu’à son retour en Birmanie en avril 1988 pour accompagner sa mère dans sa fin de vie. Mais les circonstances dramatiques du pays, la pression et la confiance des amis de son père, le symbole qu’elle a représenté alors pour le peuple l’ont conduite  à un engagement long et douloureux. Dès avril 1988 ont commencé les manifestations estudiantines. La grande grève du 8 août 88 (les quatre 8) a été écrasée dans un bain de sang par l’armée qui a fait des milliers de morts ; plus de 6 000 étudiants et intellectuels ont dû fuir vers la Thaïlande pour échapper aux arrestations, aux tortures systématiques et aux longues peines de prison. Dans cette épreuve, les opposants se sont naturellement tournés vers Aung San Suu Kyi. Le 26 août, dans un célèbre discours à la pagode Shwedagon, elle annonçait qu’elle rejoignait le mouvement. Elle n’a depuis jamais cessé de prôner la non-violence, le dialogue, la réconciliation nationale et le refus de la peur qui humilie et paralyse les êtres humains. Le parti qui a été fondé avec ses disciples, la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD), a remporté 80 % des sièges aux élections de 1990 mais la junte n’a jamais réuni le Parlement élu et Aung San Suu Kyi a été placée en résidence surveillée. De longues peines de prison, de 16 à 20 ans, ont été prononcées contre les dirigeants étudiants comme Min Ko Naing, Ko Ko Gyi, Pyone Cho, Myo Min Zaw, la jeune Mie Mie et le vieux journaliste et vice-président de la NLD, U Win Tin, après des procès à huis clos et en vertu de lois formulées de manière si vague qu’elles pouvaient s’appliquer à tous. Le 11 juillet 1995, l’assignation à résidence de Aung San Suu Kyi est levée ; les birmans se pressent aux rencontres qu’elle tient chaque week end devant sa maison. Mais cette relative liberté est de courte durée. Les quinze années suivantes sont faites essentiellement d’emprisonnements et d'assignations à résidence. Le 30 mai 2003, elle échappe même à une attaque armée suite à laquelle elle est emprisonnée.

Après sa libération en novembre 2010, on la dit transformée, adoucie et pragmatique. Sans doute une stratégie de conquête du pouvoir. De fait, à 66 ans, Aung San Suu Kyi, longtemps interdite d'élections ou forcée de les boycotter, a été élue, peu de temps après cette libération, députée du Kalaw, une circonscription multi-ethnique à deux heures de Rangoun, la capitale de la Birmanie.

A l'issue de ce scrutin législatif partiel du 1er avril 2012, la candidate de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) a rallié 99 % des suffrages. Un triomphe pour la Dame du Lac, en résidence surveillée pendant près de 20 ans dans sa maison décatie des bords du lac Inya.

 

 

Lors des élections législatives de novembre 2015, les premières élections démocratiques depuis 25 ans, la participation a été estimée à 80 % de l'électorat. La Commission électorale a annoncé dès le 13 novembre la très large victoire de la LND, le parti de l'opposition de Aung San Suu Kyi, qui a finalement obtenu au total 390 sièges contre 41 à l'UNSD, le parti proche du pouvoir. La LND est ainsi devenue largement majoritaire dans les deux assemblées du parlement birman.

Aung San Suu Kyi ne pourra toutefois pas se présenter pour être élue présidente. La Constitution interdit en effet à un Birman marié à un étranger ou ayant de enfants étrangers, d'accéder au poste suprême. Or, son époux Michael Aris, aujourd'hui défunt, était de nationalité britannique, tout comme leurs deux enfants. Rédigé par la junte aujourd'hui dissoute et adopté par référendum, le texte attribue notamment 25 % des sièges dans les assemblées aux militaires d'active. Mme Suu Kyi a réitéré à de nombreuses reprises que la Constitution devait être amendée pour donner une chance à l'instauration d'une véritable démocratie, dans ce pays dirigé par une junte pendant plus de 50 ans.

(sources diverses).



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